Partenariat avec l'UMIH I CORHOFI, partenaire financement pour les professionnels CHRT

06/10/2026

Témoignage de Thierry Marx
Président Confédéral de l’UMIH

Pour commencer, pouvez-vous rappeler brièvement ce qu’est l’UMIH et sa mission principale ?

L’UMIH est la première organisation professionnelle de l’hôtellerie-restauration. Nous représentons plus de 35 000 entreprises partout en France : des cafés, des hôtels, des restaurants, des établissements du monde de la nuit, des traiteurs, mais aussi des bowlings ou des établissements de thalassothérapie.
Nous sommes surtout une organisation profondément ancrée dans les territoires, avec 106 fédérations départementales. C’est essentiel parce que nos entreprises sont, pour l’immense majorité, des TPE et PME indépendantes.
L’UMIH est aujourd’hui l’organisation patronale majoritaire de la branche des cafés, hôtels et restaurants. Les derniers résultats de représentativité lui attribuent 68,65 % des entreprises adhérentes à une organisation professionnelle du secteur et 51,08 % de l’audience salariés.
Notre rôle tient finalement en trois mots : représenter, défendre et accompagner.

Représenter et défendre nos professionnels auprès des pouvoirs publics, bien sûr, mais aussi les accompagner très concrètement dans leur quotidien. Nos équipes interviennent sur les questions juridiques, sociales, fiscales, réglementaires, environnementales, d’emploi ou de formation.

Notre mission, c’est de faire en sorte qu’un chef d’entreprise ne reste jamais seul face à une difficulté, et que les décisions prises pour notre secteur tiennent compte de la réalité de ceux qui font tourner, chaque jour, un hôtel, un restaurant ou un café.

Le secteur CHRDT fait face à de profondes mutations. Quels sont aujourd’hui les principaux défis des professionnels ?

Ils sont nombreux, mais ils se résument finalement assez simplement : aujourd’hui, nos entreprises doivent réussir à se transformer tout en préservant leur équilibre économique. Nos professionnels ont encaissé beaucoup de chocs successifs : le Covid, les hausses de l’énergie, l’inflation, les difficultés de recrutement, la baisse du pouvoir d’achat. Et ils doivent en même temps répondre à de nouvelles attentes des clients, accélérer leur transition écologique, moderniser leurs équipements, intégrer le numérique et l’intelligence artificielle, améliorer les conditions de travail…

Tout cela coûte de l’argent au moment même où les marges se sont considérablement resserrées. C’est toute la difficulté. Il faut regarder la réalité en face : à fin juillet 2026, l’hébergement-restauration comptait 9 721 défaillances d’entreprises sur douze mois, soit 7,4 % de plus qu’un an auparavant et près de 32 % au-dessus de la moyenne 2010-2019.
Mais je ne veux pas avoir un discours pessimiste. Nous avons des métiers qui ont un avenir formidable parce qu’ils répondent à quelque chose d’essentiel : accueillir, nourrir, créer du lien. Notre enjeu, c’est de donner aux entrepreneurs les moyens de continuer à le faire.

Parmi ces défis, l’investissement semble devenu incontournable. Pourquoi est-il aujourd’hui un levier aussi stratégique ?

Parce qu’on ne peut pas demander à une entreprise de 2026 de fonctionner avec les outils de 2006. Investir, ce n’est pas forcément refaire entièrement son hôtel ou son restaurant. Cela peut être remplacer un équipement trop énergivore, moderniser une cuisine, améliorer l’isolation, installer un outil numérique, adapter un poste de travail ou simplement acheter du matériel qui permet de gagner du temps et de travailler dans de meilleures conditions.

Et il faut sortir de l’idée que l’investissement est uniquement une dépense. Un bon investissement doit permettre de produire mieux, de consommer moins et de travailler mieux. C’est particulièrement vrai avec la transition écologique. L’énergie, l’eau, les déchets sont devenus des sujets économiques autant qu’environnementaux. L’ADEME estime par exemple qu’un hébergement engagé dans l’Écolabel européen peut économiser jusqu’à 30 % de sa consommation d’eau et d’énergie dès sa première année de certification.

Notre secteur investit déjà beaucoup : les dernières données structurelles de l’Insee font état de 13,6 milliards d’euros d’investissements dans l’hébergement-restauration en 2023. Le problème aujourd’hui est de permettre à nos TPE et PME de continuer à investir malgré des trésoreries beaucoup plus tendues. C’est dans ce contexte que l’UMIH a choisi de s’associer à CORHOFI.

Le partenariat UMIH | CORHOFI

Qu’est-ce qui a motivé ce partenariat et qu’apporte-t-il concrètement aux adhérents ?

Notre point de départ est très concret. Un professionnel peut savoir exactement ce qu’il doit changer dans son établissement et ne pas avoir la capacité de mobiliser immédiatement la trésorerie nécessaire pour le faire. Il ne faut pas que le financement devienne le frein qui empêche une entreprise de se moderniser. C’est le sens de notre partenariat avec CORHOFI.

Nous avons cherché une solution complémentaire aux financements bancaires traditionnels, avec de la souplesse, de la réactivité et surtout une capacité à s’adapter aux besoins réels de nos entreprises. CORHOFI est indépendant des banques et intervient notamment dans la location financière et le crédit-bail de biens d’équipement.  Pour un restaurateur, un hôtelier, un cafetier ou un traiteur, la question n’est pas théorique. Il peut s’agir de financer du matériel de cuisine, du mobilier, des équipements numériques ou énergétiques sans immobiliser immédiatement une part importante de sa trésorerie.
Le bon financement, c’est celui qui permet à l’entreprise d’investir sans l’étouffer. Le rôle de l’UMIH est aussi là : ne pas seulement dire aux professionnels qu’ils doivent se transformer, mais leur donner accès à des outils pour pouvoir le faire. C’est exactement la philosophie que nous avons recherchée dans ce partenariat : accompagnement, financement des investissements, souplesse et expertise.

 

Dans un environnement économique parfois tendu, quels conseils donneriez-vous aux professionnels pour continuer à développer leur établissement ?

Le premier, c’est de ne pas rester seul. C’est souvent lorsque la situation commence à se tendre qu’il faut parler à son expert-comptable, à son banquier, à son organisation professionnelle et regarder très précisément ses chiffres.

Ensuite, je dirais : investissez là où cela change réellement votre quotidien.
Il n’est pas nécessaire de tout faire en même temps. Il faut identifier les postes qui pèsent le plus lourd, ceux sur lesquels on peut rapidement gagner en productivité ou réduire ses charges. Une machine moins énergivore, une meilleure gestion de l’eau, un logiciel qui évite deux heures de tâches administratives par jour peuvent parfois avoir davantage d’impact qu’un investissement spectaculaire.

La transition écologique doit d’ailleurs être abordée de cette manière. Réduire sa consommation d’énergie, d’eau ou ses déchets, c’est bon pour la planète, évidemment, mais c’est aussi bon pour le compte d’exploitation. L’ADEME elle-même présente ces investissements comme un moyen de réduire les coûts d’exploitation et de gagner en compétitivité. Enfin, je crois qu’il ne faut jamais investir uniquement parce qu’un équipement est à la mode. Il faut partir de son entreprise, de ses clients et de ses équipes. La technologie doit être au service du professionnel, jamais l’inverse.

Quel regard portez-vous sur l’avenir du secteur et quel message souhaitez-vous adresser aux professionnels ?

Je reste profondément confiant. Ce n’est pas contradictoire avec le fait de dire que la période est difficile. Les deux sont vrais. Nos entreprises sont sous pression, mais nos métiers restent indispensables à la vie de notre pays.

Un café, un hôtel ou un restaurant, c’est de l’emploi, de l’apprentissage, des producteurs et des fournisseurs qui travaillent autour, de l’attractivité touristique et, très souvent, de la vie dans un quartier ou dans un village.

Nous devons donc continuer à nous adapter, mais sans perdre ce qui fait notre force. L’intelligence artificielle peut nous aider à gérer une réservation ou une tâche administrative. Elle ne remplacera jamais celui qui accueille un client, le cuisinier qui transforme un produit ou le professionnel qui connaît son territoire.

Notre avenir ne sera pas moins humain parce que nous investissons.
Au contraire : nous devons investir pour pouvoir consacrer davantage de temps à ce que les machines ne sauront jamais faire à notre place. C’est aussi pour cela que je crois à l’avenir de ces métiers. À condition de donner à celles et ceux qui les exercent les moyens d’entreprendre, d’investir et de transmettre.

Merci Thierry Marx d’avoir répondu à nos questions. 

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CORHOFI, partenaire financement pour les professionnels CHRT.

 

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Photo Thierry Marx – Crédits Mathilde de l’Ecotais

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